Une technique au service de l'Archéologie : le carottage
Par Yves Guéguen, médiateur culturel
Lorsque l'on parle d'Archéologie, l'image qui vient immédiatement à l'esprit de la plupart des gens est celle de personnes creusant la terre pour y découvrir des objets.
Pour autant l'Archéologie est un domaine très varié, tant par ses sujets d'étude (lieu, époque, type d'objets) que par ces moyens de recherche (recherches bibliographiques et archivistiques, prospections aériennes , de surface, sondages, fouilles, analyses).
En fait, l'Archéologie fait appel à de très nombreuses sciences et disciplines (physique nucléaire, géologie, génétique,...) et demande les compétences de spécialistes dans des domaines qui ne cessent de se multiplier.
Tous les sites archéologiques sont particuliers et ne nécessitent pas les compétences de tous les spécialistes en lien avec l'Archéologie.
Toutefois sur un même site, on peut retrouver un spécialiste de la taille des pierres (lithicien), des graines (carpologue), des céramiques (céramologue), des poissons (ichtyologue), .... Tout dépend de ce qui est découvert sur le site.
Ces spécialistes travaillent à partir des restes, ou pièces archéologiques, découverts sur le site lors de prospections de surface, de sondages, ou de fouilles.
Pour comprendre l'environnement dans lequel vivaient les populations dont ils étudient les traces, les archéologues travaillent avec des palynologues (spécialistes des pollens) ou des géomorphologues qui étudient les formes du relief et leurs processus de transformation.
En Bretagne, le travail des géomorphologues permet de mieux comprendre l'évolution du niveau de la mer.
Une des techniques des géomorphologues consiste à faire des carottes dans le sols pour en extraire des colonnes de sédiments.
Voici un petit reportage photo qui présente cette technique.
Cette technique nécessite un certain équipement qu'il convient de transporter jusqu'au lieu où va se dérouler l'opération.
Heureusement, le chercheur, malgré la nuit passée sur ses livres et articles, reste toujours d'attaque au petit matin pour aller sur le terrain.
La satisfaction du travail bien fait se lit sur le visage de notre passionné et néanmoins archéologue.
Voici le lieu où nous allons sévir : une zone humide du côté de Plougastel (Finistère).
Nous nous habillons en conséquence : ciret, bottes, pull chaud.
La première étape consite à visser entre eux des tubes creux en acier. Dans ces tubes en acier, nous allons placer un tube en plexiglass qui servira à recueillir les sédiments.
Pour que le tube en plexyglass coulisse bien, il faut l'enduire de graisse.
Le tube en plexyglass est en place.
On visse alors la tête de la carotteuse. Il s'agit d'un petit élément légèrement pointu mais percé pour laisser entrer les couches de sédiments. On le voit mieux sur une des photos précédentes.
A l'intérieur de la tête, on place un antiretour pour éviter que la vase ne s'échappe du tube en plexyglass sous l'effet de succion lors de la remontée en surface.
Reste à enfoncer la carotteuse au moyen d'un marteau-piqueur. On ajoute régulièrement des barres d'acier que l'on visse entre elles pour atteindre la profondeur souhaitée.
Dernière opération, on remonte le tube. Chaque fois qu'une barre apparait, on la devisse pour passer à la suivante.
Cette technique permet de prélever des carottes d'environ 1 m de longueur.
Toutes ces étapes sont à recommencer pour chaque carotte et atteindre le socle rocheux qui peut se trouver à plusieurs mètres de profondeur (ici une dizaine de mètres de mémoire).
Les tubes en plexyglass sont scellés puis acheminés jusqu'à un laboratoire où ils seront analysés.