Reproductions d'objets préhistoriques pour le Centre des Monuments Nationaux

Publié le par Médiation Préhistoire Finistere

Par Yves Guéguen, médiateur culturel

 

 

Voici quelques réalisations que j'ai fabriquées pour le Centre des Monuments Nationaux qui gère les sites archéologiques de Barnenez (Finistère), Carnac (Morbihan) et Locmariaquer (Morbihan).

 

R CMN 2011 1

 

La hache s'inspire d'un modèle que l'on a découvert sur le site de Locras (lac de Bienne, Suisse) et conservé au Musée de Berne.

Le manche est en châtaignier et les liens en boyaux de porc.

Les boyaux ne maintiennent pas la lame polie dans le manche, je les ai ajoutés pour éviter un éclatement du manche lors des impacts de la lame contre les troncs des arbres. La lame est enfoncée en force dans le trou du manche. Le talon de la lame polie dépasse très légèrement du manche permettant ainsi de l'extraire aisément en cas de cassure. Cette technique est mise en oeuvre en Papouasie Nouvelle-Guinée. Par ailleurs, on retrouve l'exemple d'une lame dont le talon dépasse du manche sur une hache néolithique découverte au Danemark.

 

  emmanchement

 

Outils préhistoriques : du galet taillé au bistouri d'obsidienne, J.-L. Piel-Desruisseaux, 2002, 4ème édition, Dunod, p. 176

 

La herminette est inspirée d'exemples provenant de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Le manche est en châtaignier et les liens en boyaux de porc.

En Papouasie, les liens maintenant la lame sont en matières végétales. En Bretagne, les sols acides ne permettent pas la conservation des éléments en matières organiques. Nous ne possédons donc pas d'exemple de ligature pour ce type d'objets. Il est donc possible que les hommes de la Préhistoire aient utilisé l'une ou l'autre technique (végétale ou animale).

 

Le matériau des lames polies est la dolérite de Plussulien (Côtes-d'Armor) qui est la roche la plus utilisée au Néolithique en péninsule armoricaine pour fabriquer des lames polies (Cf. article sur les haches polies en Presqu'île de Crozon). Les lames taillées sont en silex qui est un matériau beaucoup plus rare mais également présent sur les sites archéologiques en Bretagne. Absent du sous-sol, le silex a forcément fait l'objet d'un transport pour parvenir dans notre région.

 

Les lames polies sont copiées sur un modéle découvert en Presqu'île de Crozon (Finistère). Ce modèle est long de 12,5 cm et correspond à une lame de taille moyenne.

Pour éviter que mes reproductions ne "polluent" un jour un site archéologique ou ne soient confondues avec des pièces authentiques, je les grave d'un signe distinctif.

 

R CMN 2011 2

 

 

Le couteau à emmanchement latéral est inspiré d'un modèle découvert sur le site de Montilier (lac de Morat, Suisse). Il a toutefois des dimensions deux fois supérieures à celles de l'exemple archéologique (d'environ 6 cm de long).

Le manche est en châtaignier, la partie tranchante est une lame taillée en silex et la colle est contituée d'un mélange de cire d'abeille, de résine de pin et de charbon de bois.

 

La faucille est de type composite c'est-à-dire que la partie tranchante est composée de plusieurs petites lamelles de silex. Elle est d'inspiration libre mais plus ou moins basée sur un modèle provenant du site de Barche di Solferino (Italie). Le manche est en noisetier.

 

R CMN 2011 3

 

Les pointes de harpon en os sont copiées de modèles provenant de sites archéologiques du sud de la France et conservés au Musée des Antiquités Nationales (Saint-Germain-en-Laye, Yvelines).

La première pointe est copiée sur un artefact découvert sur le site du Mas d'Azil (Ariège), la deuxième sur une pièce du site de La madeleine (Dordogne), les deux suivantes sur un objet du site de La Vache (Ariège).

 

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